A. BOUSTA


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Textes    

 

 

Mon ami

 

Ils t'ont tué mon ami, et ils m'ont poignardé
Ils t'ont tué O l'honorable et le sceau des vertueux
Ils t'ont tué après Omar et Ben Barka

                                                                           Tu es venu à l'instant de la castration, et au temps des lâches.
imprégné de nostalgie envers eux , tu es rentré plein d'espérance
tu portais dans ta main gauche une fleur rouge
et une lampe qui éclaire l'obscurité

ils ont fouillé, mon ami, tes valises
ils n'ont trouvé que l'amour des gens, les rêves brisés
la neige blanche épargnée de l'humiliation des mouchards.

                                                                                            
Ils ont piétiné ta fleur...brisé ta lampe,
profané ta neige, déshonoré ton front...
et déchiré le carnet de ton époque...

O mon ami, je ne savais pas que la plaie était mortelle
je croyais que tu allais te relever
comme dans les précédents combats

Je me souviens, mon ami,
de notre première rencontre en Juillet
où notre rêve préconisait le triomphe de la liberté...

Je me rappelle, mon ami, notre choix d'itinéraire
nos combats avec le propriétaire du mulet qui avait une plume et un encrier
et qui maîtrisait la politique de la ruse.

 

                                                                                        Tu étais, mon ami, une langue, une plume et un coeur.
Une langue qui n'amadouait pas, une plume non hypocrite et un coeur sincère.
Une langue juste, une plume accommodante pour sillonner la mer
et un coeur jeune éternellement.

O mon ami, tu es venu
au temps de la spéculation,
à l'instar de Mehdi, Omar et Bennouna, Aït Haj et Grina.
Tu es venu au temps des nains qui n'atteignent pas les nobles
et qui les tuent avant la cinquantaine

 

                                                                           Tu es parti, mon ami et tu nous a laissé au milieu de la charge,
au milieu des illettrés et les marchands grossistes
au milieu des ignorants de l'A B C
et ceux qui attendent l'euphorie du phénix et du griffon

 

Tu n'es pas parti, mon ami,
et tu ne partiras point..
tu es avec Mehdi, Omar, Bennouna, Aït Haj et Grina
le flambeau de l'itinéraire, les lampes de la piste
et le modèle pour chaque ami et chaque camarade.
Tu étais mon ami, O Abdelghani, un noble, le sceau des vertueux.      

 

 

Mahjoub Benmoussa *


* Mahjoub Benmoussa a partagé avec Abdelghani de longs moments d'exil de 1973 à 1994. Ils étaient dans les mêmes mouvances et ont connu les différentes batailles politiques.

 

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