Ils comprendront
J'ai appris aujourd'hui, la mort d'Abdelghani que je savais malade depuis quelques temps.
Je le connaissais et lui reconnaissais des qualités dont nombre de démocrates marocains sont dépourvus.
La maladie le rongeait mais il voulait toujours compter au sein de cette société qui l'a éduqué et qu'il a voulu sienne au point de se permettre de lui reprocher avec vigueur et simplicité ses oublis de la douleur consentie au nom du pauvre, de l'exilé, de la liberté de penser et du refus de l'injustice effroyable qu'elle subit.
Sa société et la nôtre le comprendront. Entre temps il a accepté de souffrir et d'attendre la réponse. Elle a peut-être tardé. Il a peut-être suffisamment attendu.
Il a raison de ne pas avoir compris les non réponses à des situations Dieu si claires. D'autres comme lui, peut-être s'agit-il de toi-même, refusent d'accepter l'insoutenable intolérance qui leur fait face et comme lui, ils souffrent d'avoir seulement raison contre l'ignominie.
Il a dû être plus sensible que nous, plus martyrisé pour accepter de partir si tôt.
Chère Hayat,
Abdelghani, plus connu par son nom, était sévère quand il parlait en public. Et tout autant affectueux lorsqu'il se retrouvait entre êtres, parce qu'en relation directe, proche et humaine.
Je suis profondément touché par une si grande perte, ses amis comme ses détracteurs doivent ressentir le vide qu'il a créé, qu'il crée, qu'il va créer.
Je te souhaite de continuer à croire en la liberté, comme il y croyait, comme tu y crois.
Même ceux qui ne l'aimaient pas, j'en suis persuadé, regrettent celui qu'ils ont mal connu. Parce qu'ils l'ont mal connu. Et que sa mort réveille. Qu'ils lui rendent au moins cet hommage.
Larbi Maaninou *
* Larbi Maaninou a connu Abdelgnani particulièrement dans les réunions et lors des débats au sein de l'association de solidarité pour les droits de l'homme au Maroc (ASDHOM).
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