Une dernière chanson avant l'éternel voyage
Je ne pleure point ce soir
et je chante avec toi mon ami.
Cette nuit est la nôtre, elle s'étend
de Montreuil à Nassrat
meublée de roses et de jasmin
en attendant l'aube.
Je chante avec toi mon ami
une chanson de souvenirs,
de joie et de liberté.
Je chante avec toi notre exil
et notre bien-être.
Je chante avec toi et on s'évade
sur un nuage pour généraliser
notre ardent désir de la liberté.
mon ami laisse moi le temps de te parler
tu as serré les ruines évanescentes,
la dissipation de la nuit,
tu es porteur des rêves
et de la carte de ton pays
le nomade de la souffrance,
tu es le musicien de la joie,
le passionné et l'esclave
de l'amour des pauvres
laisse moi le temps
pour chanter avec toi
la folie de la liberté
l'émotion de l'amour d'une femme
les palmiers dans la mer
la tristesse du quotidien
le printemps des enfants
la neige dans le désert
les larmes d'un orphelin
l'évanouissement de Ben Barka
laisse moi le temps
de chanter avec toi
à nos amis
au voyage de Hayat dans sa
consolation éternelle.
O mon ami ABDELGHANI
laisse moi le temps de chanter
avec toi une dernière chanson.
Essalih Boulid *
* Essalih Boulid a connu Abdelghani au moment de la fondation de l'Association des Droits de l'Homme au Maroc. Ecrivain, chercheur, il a contribué à la traduction de nombre de textes de ce recueil. Il nous livre, là, l ' " extrait d'un poème inachevé .
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