|
Toi, mon complice
Abdel, c'est à toi que je m'adresse directement, toi mon complice dans la maladie.
Jamais je ne t'oublierai, jamais je n'oublierai tes appels téléphoniques pour me dire : ne lâche pas la rampe, pour me donner confiance, toi qui souffrais plus que moi. Jamais je n'oublierai tes mots de soutien, tes encouragements. J'ai toujours eu l'impression de marcher dans la maladie avec toi, et maintenant tu n'es plus là physiquement, mais je t'entends toujours, plusieurs fois par jour, parce que, comme le dit Isabel Allende : "on ne meurt qu'à partir du moment où plus personne ne se souvient de vous".
La vie est injuste, c'est moi, la vieille qui aurait dû partir, tu avais tellement de choses à dire et à faire . Tellement de gens ont besoin de toi, en plus de ta famille. Tu nous laisses orphelins de coeur et d'esprit.
J'espère que tu as retrouvé tes amis et qu'avec Mehdi Ben Barka vous êtes en train de tous les agiter là haut et de tout chambouler pour une vraie démocratie, pour que l'exaction n'existe plus, pour l'égalité des droits et pour la reconnaissance du peuple. Avec ton sourire et ta ténacité, ils n'ont qu'à bien se tenir ! As-tu lancé une autre forme de Droits Pluriels ? Je te fais confiance pour cela, car je sais qu'on ne peut pas te laisser muet.
Que te dire sinon à bientôt, un de ces jours nous allons nous retrouver et nous rirons de la vie et nous rirons de la mort pour l'éternité.
Marie-Odile Debary *
* Marie-Odile de Bary, une amie très chère de la famille. Elle est directrice des Musées et sa générosité, sa sincérité et sa droiture sont les raisons des liens solides avec la famille. Elle a vécu longtemps au Maroc. Ce couple d'artistes, Antoine et Marie - Odile, auront été le bol d'air culturel de Abdelghani et sa petite famille.
.
|