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DROITS PLURIELS - N° 10 - Décembre
1998
DROITS HUMAINS
SOLIDARITE ET UNIVERSALITE
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Les 13 et 14
Novembre derniers sest tenu, à Paris, un colloque international à loccasion
du vingtième anniversaire de lassassinat, toujours impuni, dHenri CURIEL.
Au delà de lhommage rendu à cette figure emblématique du combat contre les
impérialismes et pour la solidarité entre les peuples, le colloque a centré sa
réflexion autour de lévolution et des perspectives de la solidarité
internationale qui eut, comme lont signifié certains intervenants, « ses
lettres de noblesse ».
Lorsque linternationalisme
rassemblait des femmes et des hommes désireux de confronter leurs expériences
solidaires, on assistait à des manifestations spontanées pour les causes justes et
contre le non droit. Ce fut le temps des grands meetings de soutien pour la liberté et
l'autodétermination des peuples, celui des contestations contre linjustice et la
répression : le « temps des certitudes et des solidarités politiques
"naturelles" ». A cet internationalisme sest progressivement
substituée la mondialisation avec pour corollaire la mobilité des capitaux, leur
délocalisation et l'utilisation d'une main duvre à bon marché en Asie, au
Maghreb et dernièrement dans les anciens pays de lEst. Cette mondialisation a
engendré la dégradation des niveaux de vie et la dépendance croissante des pays pauvres
ou «en voie de développement ». Furent alors introduites les notions de charité
et de partage, qui, en fait, tentent de légitimer la domination et sont opposées à l'idée
de solidarité. Celle-ci, comme nous lavons souvent dit est, au delà
de lacte de solidarité, un combat commun à dimension humaine qui donne aux Droits
de lHomme leur sens réel. ».
Les réactions spontanées des familles et
de diverses associations et personnalités ainsi que les prises de position de certains
pays contre limpunité de Pinochet, augureraient-elles en cette fin de millénaire
dun sursaut de la solidarité internationale ?
Nous voudrions bien le croire mais nous ne pouvons pas oublier quau temps où le
président Pinochet exerçait sa dictature, certains le cautionnaient au nom de «la
raison détat». Nous ne pouvons pas ignorer que celle-ci blanchit encore de nos
jours des dictateurs en exercice. Elle contribue à étouffer la vérité sur des
violations flagrantes des droits de lhomme comme cest le cas, au Maroc, pour
laffaire Benbarka et celle de centaines de disparus dont le dossier reste ouvert.
Toutes ces manifestations pour le Souvenir et la Mémoire pourront-elles abolir les
notions de « secret et raison détat » quand il sagit de
violations des droits humains et datteintes à la liberté et la dignité de la
personne?
Espérons que le début du prochain
millénaire verra le respect véritable des principes fondamentaux des droits de
lhomme selon lesquels « toute violation de la dignité humaine dans
un pays est une atteinte aux droits de l'homme dans leur ensemble, et
concerne tout démocrate où qu'il soit ». En ce 50ième
anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de lHomme, la réflexion
devra se porter sur les notions dialectiquement liées de Solidarité et
dUniversalité et sur la nécessité d'avoir la volonté politique de leur
réalisation. |
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