DROITS PLURIELS


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N.8 Octobre 98    

N.9 Novembre 98    

N.10 Décembre 98    
Droits Humains : Solidarité et Univesralité    
Subsistance des bagnes mouroirs au Maroc    
50ème anniversaire de la Déclaration des Droits de l'Homme    
Repères    
Jeunesse Ittihadia    


N.11 Mars 98    

N.12 Septembre 99    

N.13 Octobre 2000    

           

DROITS PLURIELS - N° 10 - Décembre 1998

DROITS HUMAINS
SOLIDARITE ET UNIVERSALITE

Les 13 et 14 Novembre derniers s’est tenu, à Paris, un colloque international à l’occasion du vingtième anniversaire de l’assassinat, toujours impuni, d’Henri CURIEL.
Au delà de l’hommage rendu à cette figure emblématique du combat contre les impérialismes et pour la solidarité entre les peuples, le colloque a centré sa réflexion autour de l’évolution et des perspectives de la solidarité internationale qui eut, comme l’ont signifié certains intervenants, « ses lettres de noblesse ».

Lorsque l’internationalisme rassemblait des femmes et des hommes désireux de confronter leurs expériences solidaires, on assistait à des manifestations spontanées pour les causes justes et contre le non droit. Ce fut le temps des grands meetings de soutien pour la liberté et l'autodétermination des peuples, celui des contestations contre l’injustice et la répression : le  « temps des certitudes et des solidarités politiques "naturelles" ». A cet internationalisme s’est progressivement substituée la mondialisation avec pour corollaire la mobilité des capitaux, leur délocalisation et l'utilisation d'une main d’œuvre à bon marché en Asie, au Maghreb et dernièrement dans les anciens pays de l’Est. Cette mondialisation a engendré la dégradation des niveaux de vie et la dépendance croissante des pays pauvres ou «en voie de développement ». Furent alors introduites les notions de charité et de partage, qui, en fait, tentent de légitimer la domination et sont opposées à l'idée de solidarité. Celle-ci, comme nous l’avons souvent dit est, au delà de l’acte de solidarité, un combat commun à dimension humaine qui donne aux Droits de l’Homme leur sens réel. ».

Les réactions spontanées des familles et de diverses associations et personnalités ainsi que les prises de position de certains pays contre l’impunité de Pinochet, augureraient-elles en cette fin de millénaire d’un sursaut de la solidarité internationale ?

Nous voudrions bien le croire mais nous ne pouvons pas oublier qu’au temps où le président Pinochet exerçait sa dictature, certains le cautionnaient au nom de «la raison d’état». Nous ne pouvons pas ignorer que celle-ci blanchit encore de nos jours des dictateurs en exercice. Elle contribue à étouffer la vérité sur des violations flagrantes des droits de l’homme comme c’est le cas, au Maroc, pour l’affaire Benbarka et celle de centaines de disparus dont le dossier reste ouvert. Toutes ces manifestations pour le Souvenir et la Mémoire pourront-elles abolir les notions de   « secret et raison d’état » quand il s’agit de violations des droits humains et d’atteintes à la liberté et la dignité de la personne?

Espérons que le début du prochain millénaire verra le respect véritable des principes fondamentaux des droits de l’homme selon lesquels « toute violation de la dignité humaine dans un pays est une atteinte aux droits de l'homme dans leur ensemble, et concerne tout démocrate où qu'il soit ». En ce 50ième anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, la réflexion devra se porter sur les notions dialectiquement liées de Solidarité et d’Universalité et sur la nécessité d'avoir la volonté politique de leur réalisation.