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DROITS PLURIELS - N° 10 - Décembre
1998
REPERES
RUBRIQUE DE COURTES INFORMATIONS
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GREVE
EN SERIE
Lenthousiasme qui a accompagné la nomination du P.D.G. du
Crédit Immobilier et Hôtelier, membre du bureau politique du Parti du Progrès et du
Socialisme, a fait place à lamertume des salariés. Ils ont observé une grève le
30-11-98.
Pour restructurer lentreprise, plusieurs cadres ont été
licenciés, les salaires gelés et le personnel parti en formation « ne trouve
plus de poste à son retour ». Pour justifier labsence de dialogue au sein de
létablissement, le P.D.G. de « gauche » dit ne pas « avoir
le temps de discuter avec les délégués du personnel » et « quil
ny a pas de raisons valables à cette grève.» .
Le patron de lentreprise Tekna, refuse dintégrer les
ouvriers et fait appel à une société de surveillance (des maîtres chiens) qui encercle
létablissement. Le seatting des ouvriers atteint sa 2ème année
consécutive.
Après leur retour de vacances, 600 salariés de létablissement
Socoframa ont été congédiés. Des lettres de protestation ont été envoyées au
ministère de lemploi et le procès verbal transmis au ministère de la justice. La
situation de crise demeure malgré ces démarches et les ouvriers ont été dispersés
violemment par la police. Plusieurs autres sociétés (menuiserie - produits chimiques -
peinture... ) ont déjà fermé leurs portes sans aucune procédure administrative.. |
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OPACITE DANS LES PRIVATISATIONS
Plusieurs secteurs clés de léconomie marocaine sont sur le
point dêtre cédés au privé : Chemins de fer, Transports, mais surtout la
télé communication.
Comme les autres opérations de privatisation, le transfert des
Télécom nobéit à aucune logique financière. Le Financial Times qui devait
organiser une conférence sur ce secteur les 23 et 24 Novembre la annulée en
soulignant que le processus de privatisation des Télécom manquait de visibilité.
Lexemple de la 2ième chaîne de télévision est plus
éloquent à cet égard. A lorigine, cette chaîne était la propriété de
lOmnium Nord Africain (ONA), 1° groupe privé en Afrique et propriété de la
famille royale. Chaîne câblé et payante, elle a connu un échec cuisant. LONA a
cru bon de la « vendre » à lEtat. Lopération a même
été votée au Parlement. Une fois ses caisses renflouées ( la taxe sur
laudiovisuel est incluse dans la facture de lélectricité), lONA. se
prépare à récupérer son « bien ».
Une exemple éloquent de confusion entre domaine public et propriétés
privées. |
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JOURNEE NATIONALE DE LINFORMATION
Inaugurée par les plus hautes autorités, la journée pré citée
avait pour objectif de souligner le rôle de linformation et les avancées de la
« Démocratie »
Si le droit à une information complète et objective est fondamental,
force est de constater quau Maroc les sources mêmes de linformation sont
strictement contrôlées.
Le pouvoir contrôle évidemment les moyens dinformation les plus
répandus : le ministère de lintérieur via ses gouverneurs (directeurs de la
radiotélévision et de la MAP -Agence Marocaine de Presse- ) et lex opposition
actuellement au gouvernement via ses ministres (directeurs de
journaux). Pas moins de cinq ministres dont deux, et non des moindres puisquil
sagit du premier ministre en personne et de son ministre de lhabitat, ont
conservé la direction de leurs quotidiens (organes du parti). Comme leurs
prédécesseurs, les socialistes du gouvernement considèrent que la presse doit être
subordonnée à ladministration.
Par ailleurs, le syndicat des journalistes est dirigé par les
directeurs-patrons de presse. On ne saurait imaginer pareil organisme pour défendre les
journalistes. |
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| Un marocain assassiné A ALMERIA
Au moment même où se tient un colloque international sur les droits
de la communauté marocaine à létranger, un ressortissant marocain a été
assassiné à Alméria.
Cet acte criminel démontre la situation dramatique que vivent les
marocains en Europe. Mises à part la réglementation draconienne des pays
« daccueil » et la montée en puissance du racisme sous toutes ses
formes, les résidents marocains à létranger sont ignorés par leur propre
gouvernement. Ni le consulat marocain à Alméria, ni lambassade à Madrid
nont cru devoir protester contre cet acte criminel. Le gouvernement marocain ne voit
dans ces « citoyens » de létranger que source de devises.
Les organisations des travailleurs marocains en Espagne ont massivement
manifesté pour le respect du droit à la vie. Le 1er ministre, quant à lui,
se contente douvrir les travaux du colloque de Tanger. |
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