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En cette fin du
mois de mars, nous voulons rendre hommage aux combats menés par les femmes dans tous les
pays : combat pour leur survie et celle de leurs enfants, combat pour la libération,
combat pour la démocratie et légalité à tous les niveaux, combat pour une
citoyenneté véritable
Nous saluons la détermination de toutes celles qui,
dans nos pays du Maghreb, ont participé à la libération, au prix de sacrifices
personnels et de celles qui contribuent à linstauration de la démocratie dans
leurs pays. Martyres de la lutte contre le colonialisme et contre la répression ;
aux premiers rangs de grandes manifestations pour l'avenir de leurs enfants, pour
létablissement dun état de droit ou, en Europe, pour faire barrière à la
xénophobie en menant des actions pour l'éradication du racisme..
Femmes résistantes et combattantes pour lindépendance de leurs pays, femmes
détenues et parfois assassinées pour leurs idées, femmes exilées et séparées de tout
lien familial
mais souvent femmes oubliées.
En Occident, comme le souligne
larticle de Florence Montreynaud dans le Monde
Diplomatique du mois de mars, les femmes " demeurent peu
présentes dans les manuels scolaires, non seulement en histoire, mais dans les domaines
scientifique et artistique
".
Au Maghreb, les combattantes contre le colonialisme sont ignorées et la
jeunesse de ces peuples ne pourra pas lire leurs pages dhistoire
Les
militantes de ces pays, détenues politiques ou exilées sont souvent passées sous
silence, non seulement par le pouvoir mais aussi parfois par les organisations politiques
dans lesquelles elles militent.
Lorsquelles imposent avec
fermeté leurs revendications, on tente de minimiser leurs combats comme ce fut le cas en France pour les
" salopes " féministes ou, en 1980, pour les mères et les épouses
des disparus argentins que lon a appelées " les folles de la
place de Mai ". Oui, on tente souvent de les ridiculiser et minimiser
toutes les batailles auxquelles elles participent pour tous les droits, au féminin comme
au masculin. Certes, comme le souligne larticle cité, elles sont fières de ces
surnoms, relèvent linsulte et sen font une gloire " mais la
question de la reconnaissance de leur rôle historique reste toujours posée. Il est de la
responsabilité de tout démocrate de reconnaître aux femmes leur véritable place dans
lHistoire.
En France, le débat actuel sur la parité dans les
listes électorales ne sera pas un véritable acquis pour toutes celles qui veulent avoir
une place et un rôle dans les responsabilités politiques si cette parité ne se
concrétise pas pour les têtes de listes. En fait, ce débat nous montre quil est
nécessaire de légiférer pour admettre ce qui, en cette fin de millénaire, devrait se
faire " naturellement ".
Le combat pour légalité entre les
sexes nest pas seulement une question de quota ou laddition dun certain
nombre dacquis. Cest un combat permanent pour changer le cours de
lhistoire, marquée par des idéologies patriarcales qui ont laissé, dans bien des
mentalités, des traces parfois indélébiles dont sont victimes les deux sexes.
Cest un combat sur lui-même que tout démocrate devra mener pour
lavenir de lhumanité. |