DROITS PLURIELS


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DROITS PLURIELS - N° 11 - Mars 1999

LA PARITE DANS L'HISTOIRE
LE COMBAT DE TOUT DEMOCRATE

En cette fin du mois de mars, nous voulons rendre hommage aux combats menés par les femmes dans tous les pays : combat pour leur survie et celle de leurs enfants, combat pour la libération, combat pour la démocratie et l’égalité à tous les niveaux, combat pour une citoyenneté véritable…

Nous saluons la détermination de toutes celles qui, dans nos pays du Maghreb, ont participé à la libération, au prix de sacrifices personnels et de celles qui contribuent à l’instauration de la démocratie dans leurs pays. Martyres de la lutte contre le colonialisme et contre la répression ; aux premiers rangs de grandes manifestations pour l'avenir de leurs enfants, pour l’établissement d’un état de droit ou, en Europe, pour faire barrière à la xénophobie en menant des actions pour l'éradication du racisme..
Femmes résistantes et combattantes pour l’indépendance de leurs pays, femmes détenues et parfois assassinées pour leurs idées, femmes exilées et séparées de tout lien familial…mais souvent femmes oubliées.

En Occident, comme le souligne l’article de Florence Montreynaud dans le  Monde Diplomatique  du mois de mars, les femmes   " demeurent peu présentes dans les manuels scolaires, non seulement en histoire, mais dans les domaines scientifique et artistique… ".
Au Maghreb, les combattantes contre le colonialisme sont ignorées et la jeunesse de ces peuples ne pourra pas lire leurs pages d’histoire… Les militantes de ces pays, détenues politiques ou exilées sont souvent passées sous silence, non seulement par le pouvoir mais aussi parfois par les organisations politiques dans lesquelles elles militent.

Lorsqu’elles imposent avec fermeté leurs revendications, on tente de minimiser leurs combats comme ce  fut le cas en France pour les " salopes " féministes ou, en 1980, pour les mères et les épouses des disparus argentins que l’on a appelées " les folles de la place de Mai ". Oui, on tente souvent de les ridiculiser et minimiser toutes les batailles auxquelles elles participent pour tous les droits, au féminin comme au masculin. Certes, comme le souligne l’article cité, elles sont fières de ces surnoms,  relèvent l’insulte et s’en font une gloire " mais la question de la reconnaissance de leur rôle historique reste toujours posée. Il est de la responsabilité de tout démocrate de reconnaître aux femmes leur véritable place dans l’Histoire.

En France, le débat actuel sur la parité dans les listes électorales ne sera pas un véritable acquis pour toutes celles qui veulent avoir une place et un rôle dans les responsabilités politiques si cette parité ne se concrétise pas pour les têtes de listes. En fait, ce débat nous montre qu’il est nécessaire de légiférer pour admettre ce qui, en cette fin de millénaire, devrait se faire " naturellement ".

Le combat pour l’égalité entre les sexes n’est pas seulement une question de quota ou l’addition d’un certain nombre d’acquis. C’est un combat permanent pour changer le cours de l’histoire, marquée par des idéologies patriarcales qui ont laissé, dans bien des mentalités, des traces parfois indélébiles dont sont victimes les deux sexes.
C’est un combat sur lui-même que tout démocrate devra mener pour l’avenir de l’humanité.