DROITS PLURIELS


Présentation    

N.2 Février 98    

N.7 Septembre 98    

N.8 Octobre 98    

N.9 Novembre 98    

N.10 Décembre 98    

N.11 Mars 98    

N.12 Septembre 99    
Une mémoire toujours présente    
Intégrisme ou démocratie au Maroc    


N.13 Octobre 2000    

           

DROITS PLURIELS - N° 12 - Septembre 1999

UNE MEMOIRE TOUJOURS PRESENTE
ABDELGHANI BOUSTA

 

" Nous jugerons sur pièces… "
écrivait notre camarade et ami Abdelghani Bousta, cinq jours avant de nous quitter, le 21 septembre 1998, comme en guise d’un testament…
Cela fait un an qu’il a disparu et sa Mémoire reste et restera toujours présente. Non seulement dans ce qu’il écrivait ou disait mais pour tout ce qu’il nous a apporté et laissé, pour l’homme qu’il a été et qui restera dans notre profond souvenir.
Le 21 Septembre 1998, nous perdîmes en Abdelghani un camarade dont les positions politiques resteront toujours d’actualité. On ne peut que se recueillir devant la persistance de son combat et l’abnégation de ses intérêts personnels face aux exigences permanentes de la lutte qu’il a menée pour plus de justice, de droit et pour la reconnaissance de la dignité humaine. Le Mouvement progressiste marocain a perdu en lui un militant désireux de mener son pays dans le chemin d'une démocratie véritable. Depuis l’âge de 20 ans, pendant ses 22 ans d’exil et jusqu’au bout, il a été de toutes les batailles politiques. Sa famille, ses amis et ses camarades ont rassemblé, dans un recueil émouvant des témoignages d’amitié, de camaraderie et d’amour : c’est, pour nous tous, la Mémoire d’un homme resté fidèle à ses convictions profondes dans ses choix idéologiques et politiques, toujours en conformité avec sa pratique militante et son comportement personnel.

" Nous jugerons sur pièces " écrivait-il au sujet de l’expérience de l’alternance au Maroc.
Il était cependant convaincu que  " sans l'instauration des fondements de la démocratie, la crise politique ira s'amplifiant et s'aiguisant. Les rotations, substitutions et translations de ministres et de gouvernements n'y changeront rien. Les réformettes et replâtrages économiques et sociaux non plus. Il n'y aura pas de développement véritable ni de paix sociale, tant que le peuple est privé de souveraineté, la machine économique et administrative bloquée et corrompue… ".

Sur la situation actuelle, l’Histoire nous dira si le passé est vraiment révolu…
Ici encore, "  nous jugerons sur pièces ". Mais, en attendant, il est des principes que tout homme épris de justice et de droit ne saurait abandonner : rétablir la vérité sur de sombres affaires, identifier les coupables et les traduire en justice. C’est de droit et de justice dont il s’agit et non de savoir si l’on doit pardonner…
Comme le disent les mères de la place de Mai en Argentine :  "   le pardon n’est pas entre nos mains, nous voulons que toute la lumière soit faite sur la mort et la disparition de nos familles. "