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DROITS PLURIELS - N° 12 - Septembre
1999
UNE MEMOIRE TOUJOURS PRESENTE
ABDELGHANI BOUSTA
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" Nous jugerons
sur pièces
"
écrivait notre camarade et ami Abdelghani Bousta, cinq jours avant de nous
quitter, le 21 septembre 1998, comme en guise dun testament
Cela fait un an quil a disparu et sa Mémoire reste et restera toujours
présente. Non seulement dans ce quil écrivait ou disait mais pour tout ce
quil nous a apporté et laissé, pour lhomme quil a été et qui restera
dans notre profond souvenir.
Le 21 Septembre 1998, nous perdîmes en Abdelghani un camarade dont les positions
politiques resteront toujours dactualité. On ne peut que se recueillir devant la
persistance de son combat et labnégation de ses intérêts personnels face aux
exigences permanentes de la lutte quil a menée pour plus de justice, de droit et
pour la reconnaissance de la dignité humaine. Le Mouvement progressiste marocain a perdu
en lui un militant désireux de mener son pays dans le chemin d'une démocratie
véritable. Depuis lâge de 20 ans, pendant ses 22 ans dexil et jusquau
bout, il a été de toutes les batailles politiques. Sa famille, ses amis et ses camarades
ont rassemblé, dans un recueil émouvant des témoignages damitié, de camaraderie
et damour : cest, pour nous tous, la Mémoire dun homme resté
fidèle à ses convictions profondes dans ses choix idéologiques et politiques, toujours
en conformité avec sa pratique militante et son comportement personnel.
" Nous jugerons sur
pièces " écrivait-il au sujet de lexpérience de lalternance
au Maroc.
Il était cependant convaincu que " sans l'instauration des
fondements de la démocratie, la crise politique ira s'amplifiant et s'aiguisant. Les
rotations, substitutions et translations de ministres et de gouvernements n'y changeront
rien. Les réformettes et replâtrages économiques et sociaux non plus. Il n'y aura pas
de développement véritable ni de paix sociale, tant que le peuple est privé de
souveraineté, la machine économique et administrative bloquée et
corrompue
".
Sur la situation actuelle, lHistoire
nous dira si le passé est vraiment révolu
Ici encore, " nous jugerons sur pièces ". Mais, en attendant,
il est des principes que tout homme épris de justice et de droit ne saurait abandonner :
rétablir la vérité sur de sombres affaires, identifier les coupables et les traduire en
justice. Cest de droit et de justice dont il sagit et non de savoir si
lon doit pardonner
Comme le disent les mères de la place de Mai en Argentine : "
le pardon nest pas entre nos mains, nous voulons que toute la lumière soit
faite sur la mort et la disparition de nos familles. " |
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