DROITS PLURIELS


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N.2 Février 98    
Alternance, cooptation ou marché de dupes?    
Communiqué de la famille de Mehdi Benbarka    
Repères    
Deux poids, deux mesures    


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DROITS PLURIELS - N° 2 - Fevrier 1998

REPERES
RUBRIQUE DE COURTES INFORMATIONS

MAROC - U.E.

L’accord entre le Maroc et l’Union Européenne sur la levée des barrières douanières est entré en vigueur depuis le premier janvier 1997. Il concerne pour le moment le matériel d’équipement, les produits intermédiaires et les produits de consommation non fabriqués au Maroc.
Dès l’an 2000, les produits fabriqués au Maroc seront également concernés. En 2010, la levée des barrières douanières sera totale. Selon des experts marocains, les retombées négatives de l’accord se traduiraient par : 
-  L’effondrement rapide de la balance commerciale étant donné le déficit structurel dans les échanges avec l’U.E. Ce déficit est actuellement de l’ordre de 40%. 
- La baisse des recettes fiscales qui sera compensée par une augmentation de la fiscalité indirecte. 
- La disparition de secteurs industriels entiers (notamment ceux destinés au marché intérieur) ainsi que les secteurs productifs protégés.
- L’augmentation du chômage qui en résulte. 
- La montée de l’immigration clandestine. 
- La dévaluation du Dirham. 
- L’augmentation de la dette extérieure. 

LA DETTE EXTERIEURE

Malgré dix ans de réajustement structurel sous les directives du F.M.I. et de la Banque Mondiale, l’encours de cette dette demeure préoccupant. En 1975, il était déjà de 1,8 milliards de $ US soit 20% du PIB. En 1983, il passe à 14 milliards (97% du PIB) puis 23 milliards en 1990 ! 
Après annulation des créances de l’Arabie Saoudite, l’encours de la dette était de 22,3 milliards de $ US à la fin de 1995, soit 75% du PIB.  
En 1997, la France allège la dette extérieure marocaine de 400 millions de Francs (convertis en projets d’infrastructure confiés en majorité à des sociétés françaises). Par ailleurs, 600 millions de la même dette ont été convertis en investissements privés. Lors de la récente visite du ministre français de l’Economie et des Finances, une enveloppe de 4 milliards de Francs a été conclue dans le cadre de la conversion de la dette en investissements privés. Une opération similaire a été conclue avec l’Espagne pour un montant de 500 millions de dollars. 
Fin 97 l’encours de la dette extérieure représentait encore 56% du PIB.

CROISSANCE ET INFLATION

Selon les dernières estimations, la croissance pour 1997 a été négative : - 2,2%.
Par ailleurs, le taux d’inflation a été de 1%. 
Les prévisions pour 1998 où l’on s’attend à une bonne récolte (l’ensemble de l’Economie dépendant pour une grande part de la pluvio-métrie) le taux d’inflation serait de 2,2%.

 FEMMES ET EDUCATION

Selon une étude commandée par l’ONUDI et réalisée par Mme Anne Balenghien, 43,55% des femmes marocaines dans les villes et 84,39% dans le milieu rurale sont analphabètes. 
Près de 15% des filles de 10 à 14 ans n’ont aucun niveau de scolarité dans le milieu urbain contre 68% dans le milieu rural.  L’étude souligne que le contexte socioculturel et juridique continue à constituer un handicap à la participation des femmes au développement.
D’après un document de la Banque Mondiale, la participation des femmes marocaine aux activités productives est estimée à 32,9%. Dans leur grande majorité, elles exercent des activités dans le secteur informel de l’Economie : tissage de tapis, artisanat, production et transformation de produits alimentaires, commerce et contre-bande...

 

 LE CANNABIS ET L'U.E.

Selon un rapport réalisé par " Euronet Consulting " et financé par l’Union Européenne, la culture du cannabis au Maroc " fournit des rendements économiques très supérieurs à ceux de n’importe quelle autre culture".Le rapport se base sur une enquête de terrain réalisée en 1995 dans 15.000 exploitations agricoles. La superficie consacrée à la culture du Cannabis dans le Nord du Maroc a été estimée à 57.843 hectares. Le rendement s’élève à 15-20 quintaux/hectare irrigué et 10-15 Q/Ha dans les zones " Bour ". 
Chaque hectare rapporte 120.000 à 160.000 DH dans les zones irriguées et 80.000 à 120.000 DH dans le Bour. 
L’Union Européenne a proposé en 1993 un programme d’aide à la lutte contre la culture du cannabis. Il s’agit de fournir aux agriculteurs les moyens d’améliorer leurs revenus sans devoir recourir à des cultures illicites. 
Le programme propose la culture d’amandiers, de céréales et de légumes, l’élevage, la culture de la vigne pour la production de raisin de table, l’apiculture...etc.  
Le budget initialement prévu pour la rubrique " plantations " était de 96.000 écus soit 1.056.000 DH. Seules quelques plantations et des ruches ont été mises en place de façon inachevée. Que devient ce programme qui traîne en longueur depuis plus de 5 ans ?. Le pouvoir marocain a-t-il une véritable volonté d’éradi-quer la culture du cannabis?  Dans quelle mesure y est-il lui même impliqué ? 

(Données extraites de l’hebdomadaire marocain LA VIE ECONOMIQUE)