Laffaire " Monicagate " a envahi les médias à léchelle
planétaire.
Le président de la plus grande puissance mondiale questionné à ce propos par les
journalistes, apparaît dans un piteux état, hésitant et visiblement soumis à une
grande pression psychologique... Il faut dire que le juge chargé de lenquête ne
la pas ménagé. Soutenu par un amalgame de républicains revan-chards,
déléments de droite et dextrême droite, il projetait de confondre Clinton
et de le conduire à la démission. Par un
" hasard de circonstance " cela coïncidait avec les visites de Netanyahou puis
de Arafat aux USA.
Clinton se proposait dexercer une pression suffisamment importante sur Netanyahu
pour lamener à renoncer à sa politique extrémiste qui menace le processus de
paix, ainsi que le crédit et les intérêts des USA au Moyen Orient.
Netanyahu est revenu triomphant de sa visite au USA. Il a tenu tête
à un Clinton secoué par le scandale de ses escapades extra-conjugales. Il na pas
cédé un pouce sur sa politique expansionniste, colonialiste, raciste et
jusquau-boutiste.
La visite de Yasser Arafat passa inaperçue dans le même contexte.
Aucun crédit na été accordé à ses requêtes justes et modérées, mondialement
reconnues et spécialement garanties par les USA.
Brutalement, la tension monta de plusieurs crans à propos de
lIrak que Clinton menace de représailles meurtrières. Alors même que la preuve a
été faite que le régime irakien ne souffre pas outre mesure ni des agressions
militaires, ni de lembargo qui dure depuis plus de 7 ans. A labri des bruits
de bottes et des menaces américaines, il vient dexécuter 109 détenus politiques
selon le parti communiste irakien. Ce dernier a publié la liste complète de ces
personnes et indique que 1.500 prisonniers politiques ont été exécutée en 1997.
Seuls les enfants, les femmes et les hommes irakiens payent au prix
le plus cher les agressions meurtrières et les injustices aux quelles ils sont soumis.
Des statistiques évaluent le bilan du blocus à 800.000 morts dont 320.000 enfants. Le
taux de mortalité infantile est passé de 1 pour mille en 1990 à 117 pour mille en 1996.
Entre-temps, les USA renforcent le rôle de gendarme dIsraël
au Moyen Orient. Ils obtiennent de la Turquie (membre de lOTAN) un renforcement
considérable de sa coopération avec larmée Israélienne : construction de
matériel militaire en commun, formation de spécialistes antiguérilla, entraînement de
pilotes...etc. Les USA qui sarrogent le rôle de gardien de la démocratie et de la
légitimité au niveau mondial, fournissent à Israël, depuis de longues années une aide
militaire annuelle gracieuse et généreuse. Le jour même de larrivée de Netanyahu
à Washington, les USA ont livré à larmée Israël (déjà suréquipé) les tous
premiers bombardiers F15, capables de parcourir 4.500 km sans ravitaillement et pouvant
attaquer nimporte quelle capitale arabe.
En renforçant le rôle de gendarme dIsraël, ainsi que leurs
alliances avec les régimes arabes les plus rétrogrades, les USA nont quun
seul but : assurer leur hégémonie dans une région stratégique très riche en
hydrocarbures.
Bref, le show médiatique de laffaire " Monicagate "
na été quun rideau de fumée derrière lequel duquel les intérêts
américains et israéliens ont suivi leur cours.
La pression juridico-médiatique sur Clinton a largement contribué
à le faire renoncer au rôle quil sest donné en tant que régulateur du plan
de paix signé en grandes pompes à Washington. Mais cette pression a été suffisamment
subtile pour que Clinton sorte gagnant de laffaire, une fois quil a abdiqué
au sujet du plan de paix : sa cote de popularité na-t-elle pas grimpé de 6 points
dans les sondages dopinions ?
Netanyahu, quant à lui est revenu de sa visite aux USA en vainqueur
triomphant. Il a le loisir de maintenir ses visées coloniales au grand jour. Israël peut
continuer à violer le droit international, à bombarder des innocents, à annexer des
territoires dEtats souverains, à renier ses engagements internationaux et à
spolier le peuple palestinien de ses droits. En toute impunité.
Le Grand Israël est en marche avec la bénédiction de la pax américana. A peine est-il
disposé à négocier la restitution de quelques pour cent de ce quil a pris par la
force des armes.
En revanche, les enfants et le peuple dIrak
continueront à payer dans leur chair et leur âmes le prix de lembargo inhumain et
les folies meurtrières de ladministration américaine. Deux poids, deux mesures, en
flagrant délit...