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DROITS PLURIELS - N° 7 - Septembre
1998
REPERES
RUBRIQUE DE COURTES INFORMATIONS
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IMMIGRATION
CLANDESTINE
Après l'accord signé avec l'Italie concernant le refoulement des
immigrés clandestins marocains, le Maroc vient signer un accord similaire avec
l'Allemagne. Il concerne 9700 personnes en "situation irrégulière". Plusieurs
d'entre elles séjournent en Allemagne depuis plus de 10 ans et y travaillent de façon
régulière dans les secteurs de l'agriculture et du tourisme en particulier. Elles ont
entamé, de leur côté, plusieurs actions pour que soit régularisée leur situation,
espérant l'aide et la solidarité des autorités marocaines pour défendre leurs
dossiers. Mais, l'accord maroco-allemand n'a tenu aucun compte de ces spécificités
englobant tous les immigrés clandestins marocains quelle que soit leur situation.
Cet accord stipule que les autorités marocaines doivent recueillir les immigrés
clandestins refoulés d'Allemagne même s'ils ne disposent ni de passeport ni de cartes
d'identité. L'identification de ces derniers doit être assurée par les autorités
marocaines dans les centres de détention en vue de leur délivrer des titres provisoires
de transit. Le délai accordé pour cette identification n'est que de trois jours ; ce qui
génère les risques de fausses identifications et de rapatriement erroné de
ressortissants non marocains au Maroc.
L'accord ne prévoit du côté Allemand aucune aide au retour ni projets d'insertion dans
le pays d'origine.
L'ambassade du Maroc en Allemagne a néanmoins exprimé sa satisfaction suite à la
signature de cet accord en espérant que le parlement allemand ratifiera l'accord de
partenariat maroco-allemand qui, par ailleurs, n'a rien à voir avec celui concernant
l'immigration clandestine. |
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DIPLOMES CHOMEURS :
CAS ELOQUENTS
Licencié en sciences économiques et marchand de légumes ambulant à
38 ans, il est le seul dans sa famille à avoir fait des études pour la
"sauver" et l'aider à échapper à la misère.
Licenciée en gestion, après une longue dynamique de recherche d'emploi, elle accepte de
travailler pour une société industrielle à temps plein et sans salaire! Les
propositions d'emploi : 800 DH. Après de longs mois de chômage, elle se contente d'un
emploi à 2500 DH.
Ingénieur agronome, diplômé d'état, il recherche un emploi depuis plus d'un an. De
périodes d'essai en périodes d'essai, après de multiples promesses de contrats de
travail, il quitte la société : l'employeur privé qui ne s'acquittait pas de ses
charges sociales voulait lui faire signer des papiers illégaux.
Le nouveau gouvernement qui avait promis du travail aux licenciés chômeurs ne les
intègre pas dans la nouvelle loi des finances : aucun emploi public ne sera proposé ; il
faudra selon lui le chercher dans le privé... Or, les diplômés chômeurs, manifestent
depuis des années pour revendiquer leur droit au travail. |
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38 MAROCAINS
SUCCOMBENT A LA FRONTIERE ESPAGNOLE
"Nous avons d'abord cru que c'etaient des
dauphins morts, puis en nous rapprochant, nous nous sommes rendus compte qu'il s'agissait
de personnes... C'était terrible de voir ces corps flottant au milieu des rochers."
rapportait un pêcheur témoin occulaire (Canard enchaîné du 12/08/98). Il était
question de plus de 38 marocains qui, dans la nuit du 4 au 5 juillet 1998 ont trouvé la
mort en essayant de franchir les frontières espagnoles.
Le fait n'est pas unique (on estime à 3000 le nombre de cadavres dans ce détroit).
Chaque jour ou presque, des jeunes marocains sans travail ni espoir se jettent à la mer
pour, selon les dires des candidats à l'immigration, fuir un pays où "le seul droit
qui existe... est le droit de se suicider".
Le journal Libération du 8 août 1998 rapporte que les autorités marocaines et espagnols
veulent étouffer l'affaire. Que le pouvoir marocain étouffe cette affaire, cela
n'étonne plus personne. Mais que l'Espagne, pays de la CEE en soit complice et y apporte
son soutien, soulève la nature de la coopération entre les deux pays. Signalons qu'en
1992, au temps fort des grands travaux en Espagne (exposition universelle, village
olympique...) l'Espagne, qui avait alors besoin d'une main d'oeuvre bon marché atoléré
sinon encouragé l'imigration clandestine. |
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SCANDALE A L'INSTITUT PASTEUR
L'institut Pasteur continue sous les directives de son
directeur le Professeur Benslimane à utiliser des réactifs non fiables alors qu'ils ont
été retirés de la vente partout dans le monde.
En date du 17 septembre 1997, la société Murex a adressé au professeur Benslimane une
lettre soulignant que : "Comme vous le savez, nous avons arrêté la comercialisation
des tests de dépistage de l'hépatite C à la fin du mois de Juin 1997. Nous sommes
amenés aujourd'hui à demander la radiation de l'enregistrement de ces réactifs à
l'agence du médicament. Nous nous engageons à rembourser tous les coffrets complets non
utilisés à la date du 12 octobre 1997 car ils ne seront plus utilisables...".
Or les réactifs retirés de la vente sont toujours utilisés par l'institut Pasteur pour
les dépistages. Deux personnes ayant subi ces tests, ont eu un résultat négatif alors
que d'autres tests ont prouvé le contraire. On ne mesure pas encore les ravages que ces
tests ont pu faire et on attend toujours les poursuites contre les professeur Benslimane. |
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INDICATEURS ECONOMIQUES
Selon la direction de la statistique, le coup de la vie
a marqué durant les quatre premiers mois de l'année une progression de 3% par rapport à
l'an passé. La direction des Etudes et des Prévisions Financières du ministère des
finances prévoit une inflation à 3,1%. Au rythme actuel, ce niveau d'inflation sera
sensiblement dépassé en raison des indicateurs suivants :
* Hausse des prix sur la viande et les denrées de première nécessité.
* Aggravation du chômage : le taux d'activité est passé de 50,2% à 48,1% au début de
l'année 1998. Le nombre de chômeurs urbains a augmenté de 5,4%.
* L'indice des prix à la production industrielle, énergétique et minière a reculé. |
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