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DROITS PLURIELS - N° 8 - Octobre 1998
UN HOMME DE CONVICTION :
ABDELGHANI BOUSTA
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Un homme de conviction : ABDELGHANI BOUSTA |

Le 21 Septembre 1998, le
Mouvement démocratique et progressiste marocain a perdu un symbole du combat pour la
liberté, le droit, la démocratie et la dignité humaine. Abdelghani BOUSTA navait
que 49 ans.
Depuis lâge de 18 ans, il va participer aux luttes estudiantines et politiques
principalement au sein de lUnion Nationale des Etudiants du Maroc (U.N.E.M.) et de
lUnion Nationale des Forces Populaires (U.N.F.P.) fondée par Mehdi BENBARKA.
Exilé de 1973 à 1994, il sera linitiateur en 1975 du Mouvement Option
Révolutionnaire et fondateur de son mensuel.
En 1993, il est membre du Bureau national et du Comité central du Parti de lAvant
garde Démocratique Socialiste (P.A.D.S.) dont il sera le représentant en Europe en
publiant « la lettre du Maroc ».
Principal fondateur du Centre Marocain pour la
Coopération et les Droits de lHomme (C.M.C.D.H.) en 1989, il a créé le bulletin
« Droits Pluriels ».
Nous ne pourrons pas ici faire linventaire de son parcours de combattant,
linventaire de ses écrits tant politiques que poétiques. Cela se fera un jour car
il a été et restera pour nous et pour bien dautres personnes qui lont
côtoyé un homme de conviction et didées. Sa mémoire restera vivante à travers
ce quil a pu faire, ce quil a écrit et son souci toujours présent de faire
évoluer ses idées. Sur la question des droits de lHomme, il disait lors dune
conférence au Parlement Européen à Strasbourg en 1990 : « La dynamique
des droits de lHomme nous impose (donc) non seulement de défendre leur application
tels quils sont définis dans les déclarations internationales mais
doeuvrer constamment à leur évolution et leur promotion ».
Au niveau politique, son souci permanent
était de lutter contre lobscurantisme, de permettre de relever le vrai débat
politique et didées et de donner à la jeunesse si importante au Maroc les
éléments danalyse pour que la lutte pour la Liberté, lEtat de Droit, la
Démocratie et la dignité humaine conserve son sens véritable et soit toujours au delà
de tout calcul politicien.
Pour lui, toute tactique politique ne devra se faire que dans le cadre dune
stratégie claire et transparente en faveur du peuple.
Il avait pour lanalyse de la situation actuelle une position
critique ; comme il la écrit dans le dernier numéro de « droits
pluriels » 5 jours avant son décès au sujet du bilan de YOUSSOUFI : « On
jugera sur pièces ». Il na pas eu le temps de le faire mais il est
certain que ceux qui ont épousé ses analyses feront le nécessaire pour poursuivre ses
objectifs avec les limites de leurs moyens. Quels que soient lenjeu et les rapports
de force, sa ténacité dans la lutte restait permanente ; il épousait cette phrase
de Max FRICH « Celui qui lutte peut perdre, celui qui renonce à lutter a
déjà perdu ». Fidèle à ses convictions, il allait jusquau bout de
ses capacités . Dans la pratique politique il était exigeant envers lui comme envers les
autres.
Au delà du politique et de son combat permanent pour
linstauration dune véritable démocratie au Maroc, ce sont ses qualités
humaines que nous ne pourrons oublier. On pouvait ne pas partager ses opinions mais la
majorité de ceux qui lont connu, côtoyé saccordent pour rendre hommage à
sa tolérance, son esprit de solidarité et son amabilité. Les qualités humaines et
relationnelles étaient pour lui nécessaires dans le combat politique. Il affirmait
toujours que « pour instaurer la Démocratie il faut dabord être un
démocrate ». Selon lui, la Démocratie nétait pas un vain mot, « une
enseigne que lon exhibe aux touristes » comme le disait Mehdi BEN
BARKA ; cest un travail au quotidien que lhomme devrait faire sur lui
même pour quelle ait son sens véritable et quelle se pérennise.
« Droits pluriels » a voulu être cette
voix, ô combien indispensable pour que ne soient pas mis aux oubliettes les fondements
même de lEgalité, du Droit et de la Dignité. |
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