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Cest ma
mère qui devait dire ces quelques mots. Lémotion len empêchant, elle
ma chargé de le faire à sa place.
Tout dabord, en me faisant linterprète de tous ceux présents ici,
je veux présenter nos condoléances et apporter toute notre affection et notre sympathie
à Hayat, Amine et Rhita, aux parents dAbdelghani, à sa famille et à la famille de
Hayat, particulièrement à leurs soeurs et frères ici présents.
Quand un être cher nous quitte, beaucoup
de souvenirs, dimages viennent à lesprit. Je voudrais nen retenir ici
que quelques unes.
Les premières images sont celles de
Grenoble, du local de lU.N.E.M., rue Humbert II, ou de votre maison, dans le
quartier au pied de la Bastille.
Dautres sont plus récentes. Ce sont
celles de laction qui nous a réunis dans le cadre du Rassemblent des Exilés
Politiques Marocains (R.E.P.O.M.) ou du Collectif Ben Barka- - Mémoire vivante.
Abdelghani sy est investi totalement,
avec toutes les qualités humaines et militantes que nous lui connaissons : chaleur,
rigueur et disponibilité, toujours accompagnées de louverture au dialogue qui le
caractérisait. Il y a mis également, comme pour tout ce quil entreprenait, la
force de ses convictions, la volonté et la combativité nécessaires pour les faire
aboutir.
Il y a un autre projet qui lui tenait
beaucoup à coeur,et auquel il s'est consacré ces dernières années - je dirais même
ces derniers mois : le regroupement et la réédition des écrits de Mehdi Ben Barka.
La maladie ne lui a pas laissé le temps de le voir se concrétiser. Quand ce projet sera
réalisé, et il le sera, ce sera en partie grâce à Abdelghani.
Abdelghani a combattu de toutes ses forces
toutes les formes dinjustice que génèrent nos sociétés, quelles soient
sociales, politiques ou économiques. Cétait son engagement de tous les jours. Une
autre injustice, générée par la maladie, a eu raison, non sans mal, de sa résistance.
Il y a dix jours, la maladie a emporté
brutalement au Maroc un autre militant qui était également resté attaché à ses
convictions et à ses engagements : Mohamed El Hihi.
Nous ne pouvons pas ne pas les associer
dans notre deuil et notre émotion.
Ils laissent tous les deux un grand vide.
Ils nous manqueront. Humainement tout dabord, mais aussi dans le combat plus que
nécessaire aujourdhui pour faire triompher les idées de progrès et de
démocratie.
Au moment de lui dire au revoir - et non
adieu - je veux emprunter à Jacques Brel ces quelques mots :
"Six pieds sous terre, Abdelghani, tu nes pas mort
Six pieds sous terre, Abdelghani, tu chantes encore." |