DROITS PLURIELS


Présentation    

N.2 Février 98    

N.7 Septembre 98    

N.8 Octobre 98    
Un homme de conviction : Abdelghani Bousta    
Hommage de son épouse et ses enfants    
Hommage de la famille Benbarka    
Conférence de presse des familles des disparus au Maroc    
Communiqué de la famille Benbarka    


N.9 Novembre 98    

N.10 Décembre 98    

N.11 Mars 98    

N.12 Septembre 99    

N.13 Octobre 2000    

           

DROITS PLURIELS - N° 8 - Octobre 1998

UN HOMME DE CONVICTION :
ABDELGHANI BOUSTA

 

HOMMAGE DE LA FAMILLE BEN BARKA

 

      C’est ma mère qui devait dire ces quelques mots. L’émotion l’en empêchant, elle m’a chargé de le faire à sa place.
Tout d’abord, en me faisant l’interprète de tous ceux présents ici, je veux présenter nos condoléances et apporter toute notre affection et notre sympathie à Hayat, Amine et Rhita, aux parents d’Abdelghani, à sa famille et à la famille de Hayat, particulièrement à leurs soeurs et frères ici présents.

Quand un être cher nous quitte, beaucoup de souvenirs, d’images viennent à l’esprit. Je voudrais n’en retenir ici que quelques unes.

Les premières images sont celles de Grenoble, du local de l’U.N.E.M., rue Humbert II, ou de votre maison, dans le quartier au pied de la Bastille.

D’autres sont plus récentes. Ce sont celles de l’action qui nous a réunis dans le cadre du Rassemblent des Exilés Politiques Marocains (R.E.P.O.M.) ou du Collectif Ben Barka- - Mémoire vivante.

Abdelghani s’y est investi totalement, avec toutes les qualités humaines et militantes que nous lui connaissons : chaleur, rigueur et disponibilité, toujours accompagnées de l’ouverture au dialogue qui le caractérisait. Il y a mis également, comme pour tout ce qu’il entreprenait, la force de ses convictions, la volonté et la combativité nécessaires pour les faire aboutir.

Il y a un autre projet qui lui tenait beaucoup à coeur,et auquel il s'est consacré ces dernières années - je dirais même ces derniers mois : le regroupement et la réédition des écrits de Mehdi Ben Barka. La maladie ne lui a pas laissé le temps de le voir se concrétiser. Quand ce projet sera réalisé, et il le sera, ce sera en partie grâce à Abdelghani.

Abdelghani a combattu de toutes ses forces toutes les formes d’injustice que génèrent nos sociétés, qu’elles soient sociales, politiques ou économiques. C’était son engagement de tous les jours. Une autre injustice, générée par la maladie, a eu raison, non sans mal, de sa résistance.

Il y a dix jours, la maladie a emporté brutalement au Maroc un autre militant qui était également resté attaché à ses convictions et à ses engagements : Mohamed El Hihi.

Nous ne pouvons pas ne pas les associer dans notre deuil et notre émotion.

Ils laissent tous les deux un grand vide. Ils nous manqueront. Humainement tout d’abord, mais aussi dans le combat plus que nécessaire aujourd’hui pour faire triompher les idées de progrès et de démocratie.

Au moment de lui dire au revoir - et non adieu - je veux emprunter à Jacques Brel ces quelques mots :
"Six pieds sous terre, Abdelghani, tu n’es pas mort
Six pieds sous terre, Abdelghani, tu chantes encore
."