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DROITS PLURIELS - N° 8 - Octobre 1998
FAMILLES DES DISPARUS AU MAROC
CONFERENCE DE PRESSE
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Ces deux dernières semaines, laffaire
des disparus sest dévoilée à lopinion nationale et internationale.
Cest la conséquence des luttes quont menées les familles des disparus, les
mouvements des droits de lHomme au Maroc ainsi que la réaction des instances
consultatives et exécutives du régime marocain.
Le 29 septembre 1998, un comité ministériel sous la présidence du Premier Ministre
sest réuni pour étudier la façon dont devait être solutionnés les problèmes en
suspens dans la question des droits humains.
Le 29 dans laprès-midi, le conseil consultatif des droits de lHomme
sest réuni pour se pencher essentiellement sur le cas des disparus ; plusieurs
recommandations sen sont suivies.
Après ces réunions, le Ministre de
lIntérieur a affirmé que le dossier des disparus sera définitivement résolu dans
la semaine.
Cependant, deux semaines après cette déclaration les familles des disparus nont
constaté aucune avancée dans la clarification de ces dossiers.
Elles ont constaté que :
- aucune annonce officielle na été faite autour du sort des disparus ;
des contradictions apparaissent dans les informations venant des instances
gouvernementales : 70 morts, 42 cas sur lesquels les instances nont pas statué
etc.
- aucun contact na été pris par ces instances avec les familles.
Toutes ces pratiques ont engendré
de la confusion et un manque de clarté auprès de lopinion nationale et
internationale ; cela a augmenté la souffrance des familles qui ont exprimé, lors
de leur conférence de presse à Casablanca le 4 oct. 98 leur inquiétude sur le sort des
disparus et leurs craintes sur la manière dont les instances marocaines abordent ce
problème.
Selon elles, celles-ci utilisent les mêmes procédés quauparavant : elles
expriment leur volonté de résoudre le problème, forment des comités ad hoc, étudient
la question, font des recommandations mais ne les appliquent pas.
Les familles des disparus tout en
constatant quil ny a aucun progrès tangible dans la solution du problème de
disparus ne sexpliquent pas les raisons de cette lenteur dans la pratique des
instances marocaines. Elles rappellent, encore une fois, leurs revendications :
- la libération de tous les disparus vivants
et l'annonce officielle des personnes décédées ;
- la remise des dépouilles aux familles ;
- loctroi dindemnités aux victimes
et à leurs familles et la réparation des torts quelles ont enduré ;
- obtention des conditions dune
réintégration réelle dans la société pour les rescapés de lenfer des lieux de
détention secrète ;
- poursuites judiciaires des responsables de
toutes les disparitions.
Lors de cette conférence de presse,
les familles des disparus déclarent avec insistance quelles sont prêtes à
accepter toute la vérité et la réalité quelles quelles soient, conscientes
quelles ont lutté pendant trente ans pour que la vérité soit faite sur le sort
des disparus.
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La
Haye, le 12/10/98
(Traduit de larabe) |
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