DROITS PLURIELS


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N.7 Septembre 98    

N.8 Octobre 98    

N.9 Novembre 98    
Victoire de la mémoire contre l'oubli    
Les Droits Humains au Maroc, un dossier qui reste ouvert    
Compte-rendu de l'hommage à Abdelghani Bousta    
Repères    


N.10 Décembre 98    

N.11 Mars 98    

N.12 Septembre 99    

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DROITS PLURIELS - N° 9 - Novembre 1998

VICTOIRE DE LA MEMOIRE CONTRE L’OUBLI

     Les demandes successives d'extradition du général Pinochet afin qu'il soit jugé pour ses crimes et les manifestations de colère des exilés, des familles des disparus et des prisonniers politiques morts sous la torture sont pour tout homme épris de droit et de justice une victoire contre l’oubli. Il nous semblait qu'au Chili on avait trouvé un arrangement, une solution boiteuse, certes, qu'une page était définitivement tournée et que l'histoire allait s'écouler sans perturber le dictateur. Mais, quelle que soit l'issue juridique de cette affaire, c’est une leçon d’Histoire que viennent de nous donner ces milliers de Chiliens...

Bafouer, mépriser un peuple ne peut rester dans l'ombre ou l’impunité quels que soient les ajustements que l’on peut trouver pour y échapper. Rechercher une entente, un consensus quand on y est obligé est une chose, penser que l’on pourrait échapper à ses crimes odieux en est une autre. Quel que soit l’ampleur d’un crime, il faut poursuivre le responsable.

Il n’y a pas de crimes majeurs et des crimes mineurs quand on est atteint dans sa liberté et sa dignité.
On a trop souvent entendu parler de relativisme : la situation est différente... les conditions ne sont pas les mêmes... pour justifier l’injustice. C’est ce relativisme culturel dont ont toujours profité les régimes dictatoriaux et qui a été utilisé au nom de la raison d’Etat pour (re)nouer des liens avec des dictateurs au mépris de la souffrance d’un peuple Mais la justice, le droit à la dignité, la liberté, la démocratie ne se bradent pas. Ils sont universels ou ils ne sont pas.

Comme le disait notre camarade Abdelghani BOUSTA : " Il va de soi que nous adhérons pleinement au principe de l'UNIVERSALITE des droits de l'homme, en tant qu'aboutissement de la lutte séculaire de l'Humanité toute entière pour davantage de liberté, de justice et de démocratie. Ce principe proclamé de façon solennelle par les déclarations historiques de 1789 et 1948, et les conventions et pactes internationaux de 1965-66 permet à tout être humain, quelque que soient son sexe, sa couleur, son origine ethnique ou national, de jouir de droits socio-économiques, et de libertés culturelles et politiques qui constituent le fondement même de toute dignité humaine. Toute violation de la dignité humaine dans un pays est une atteinte aux droits de l'homme dans leur ensemble, et concerne tout démocrate où qu'il soit." (Octobre 1990).

 

L’atteinte à ces libertés par la répression, la terreur et l’assassinat ne peut être impunie même si elle ne concernait qu’une seule personne. La souffrance de ces familles et ces proches éclate un jour pour identifier les vrais coupables et donner aux générations à venir le courage de ne jamais baisser les bras. A toutes ces familles, à toutes ces femmes, à tous ces hommes merci de ce que vous avez fait, vous faites et vous ferez. C’est notre Mémoire que vous préservez.